Le Japon en a assez des travailleurs étrangers
Le gouvernement japonais déverse des millions dans sa nouvelle politique visant à renvoyer chez eux les travailleurs étrangers. Des familles se voient offrir des sommes alléchantes suivant la promesse de quitter le pays et ne plus jamais y remettre les pieds comme employé. Cette mesure extrême vise à remettre sur pied le territoire qui ne cesse de s’enfoncer sous le poids de la crise économique. Des critiques fusent de tous les côtés, décrivant ces décisions « inhumaines. »
Le responsable du Japan Immigration Policy Institute, Hidenori Sakanaka, ne mâche pas ses mots : « c’est une disgrâce. C’est cruel. Et le Japon se tire dans le pied…il est possible que nous soyons en récession à l’heure actuelle, mais il est clair que (le pays) n’a pas de futur sans travailleurs d’outre-mer. » L’offre de rapatriement est réservée aux travailleurs invités latino-américains dont les parents japonais et les grands-parents ont émigré au Brésil et ses pays voisins il y a un siècle pour trouver un job dans des plantations de café.
Environ 366 000 Brésiliens et Péruviens habitent au Japon au moment d’écrire ces lignes. Ils forment le plus large groupe de cols bleus et ouvrent dans trois types d’emploi : kitsui (difficiles), kitanai (sales) et kiken (dangereux). Pendant ce temps, le taux de chômage grimpe à 4,4%, un record de trois ans. Les exportations ont chuté de 46% en mars 2009 alors que la production industrielle est à son plus bas niveau en 25 ans. Jiro Kawasaki, ancien ministre de la santé, a commenté la situation : « l’économie du Japon a frappé un orage. Il n’y aura pas de bonnes opportunités d’emploi pour un bon moment, donc c’est pourquoi nous suggérons que les Brésiliens Nikkei (immigrants) retournent à la maison. Naturellement, nous ne désirons pas revoir ces mêmes personnes au Japon après quelques mois. Les payeurs d’impôt japonais se demanderaient « Quelle sorte de politique ridicule est-ce que cela? » »
Aucune exception à la règle. Claudio Nishimori, âgé de 30 ans, a habité au Japon pendant 13 ans. Il n’est plus certain de son futur et du travail qu’il pourra déniché dans son pays d’origine, le Brésil. Et son cas n’est pas unique, loin de là. Une école primaire et brésilienne de la ville Hamamatsu a fermé ses portes avant l’annonce de cette mesure spéciale, face au départ de pas moins de 1000 habitants déjà au courant de ce qui se tramait contre eux.
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