Une équipe de chercheurs à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) révèle que les Québécois sont loin derrière par rapport à la moyenne de scolarité pour notre pays. Le phénomène s’explique en grande partie par un taux de décrochage alarmant chez les jeunes de 15 à 17 ans. Selon l’étude menée par Gabrielle Labonté, un élève du niveau secondaire sur deux aurait déjà pensé abandonner l’école. « C’est inacceptable », a commenté la chercheuse. « De penser que nos jeunes ne veulent pas s’instruire et préfèrent passer leurs temps libres sur Farmville à traire des vaches virtuelles ou fertiliser les plantations de leurs amis, ça démontre
à quel point notre génération ne croit plus aux institutions scolaires actuelles. »

Madame Labonté croit que pour se hisser hors du gouffre de l’ignorance, le gouvernement devrait adopter une stratégie qui encourage la relève à ne pas quitter l’école avant d’avoir obtenu au moins un diplôme : « On sait que les jeunes d’aujourd’hui raffolent des jeux vidéo. Le gouvernement du Québec devrait offrir à chaque diplômé un ordinateur dernier cri pour les motiver à bien performer en classe. » Une idée qui ne fait pas l’unanimité dans les commissions scolaires, comme l’a dénoncé Suzanne Jolicoeur : « On commencera pas à placer une carotte au bout d’une corde pour faire avancer nos élèves. Leurs parents devraient les motiver à réussir, pas nous. »

Au Canada, 65% des citoyens ont obtenu un diplôme post-secondaire. Au Québec, c’est seulement 45% des citoyens qui en ont obtenu un. Depuis plusieurs années, notre gouvernement s’efforce à colmater cette brèche par le biais de campagnes publicitaires et d’outils offerts aux professeurs, aux parents et aux élèves. Toutefois, ces moyens ne semblent pas porter fruit car les résultats tardent à se faire sentir. « Je crois que les élèves ne se sentent plus obligés d’aller à l’école pour réussir », a indiqué un professeur ayant voulu conserver l’anonymat. « Dans mes cours, ils ne me regardent même plus et ne font que s’envoyer des textos entre-eux ou s’amusent avec des applications cellulaires. C’est fâchant. »